SITUATION GÉOGRAPHIQUE  

 

Situé en Dauphiné (Isère), Thodure est une commune de Bièvre-Valloire, faisant partie du Pays de Chambaran (chef-lieu de canton : Roybon), qui s'étend en partie dans la plaine de Bièvre, à une altitude de 313 mètres (Église Saint André de Thodure). Le point culminant du village (487 m) se situe près de l'Étang de la Femme (limite de Viriville), le point le plus bas (288 m) se situant à Fond Roux (ou Fonroux). À noter aussi que les églises de Thodure et de Marcilloles sont à la même altitude.

À savoir, «Chambaran : le mot paraît être un terme générique pour désigner une vaste étendue de terrains incultes, bois, landes et bruyères, dont la surface ne présente que moraines et terrasses formées par les alluvions s'échappant du front des glaciers.»
«Notre "vallée de Bièvre" constitue aux yeux de certains un des plus beaux paysage géologique d'Europe (vallée glaciaire intacte)...»
D'après une tradition populaire, il semblerait, aussi, que ce nom "Chambaran" vienne de l'expression "champ bon à rien" (champ peu fertile).
D'autre part, on trouve plusieurs orthographes du nom : Chambaran, Chambarans, Chambarand, Chambarands.

Le village de Thodure, très étendu, (superficie de 1443 hectares sur trois niveaux : la plaine, le village et le plateau), est découpé en plusieurs hameaux comme la Ville, la Bourgeat, le Voisinal, le Thivin, les Curts, l'Étang, le Rival, le Vacher, les Chassagnes, les Brosses, etc...Il faut savoir aussi que les hameaux des Poipes rattaché à Marcilloles, du Chapesola (Chapaizolle), du Favot et du Bourdeau rattachés à Viriville, dépendaient de Thodure, appartenant à la Paroisse jusqu'à la Révolution de 1789.

carte de Cassini : ou carte de l'académie, dressée par ordre du roi Louis XV. Cette carte est la plus ancienne des cartes de France entière à l'échelle topographique.

cartes de Thodure : routes et chemins du village de Thodure aujourd'hui.

 

Village de Thodure

 


  ORIGINE DU NOM THODURE  

 

«La première mention, connue à ce jour, du nom de Thodure, date de mai 892 ou 902.» En effet, dans la traduction du Regestre Dauphinois d'Ulysse Chevalier il est fait mention de TALDUBRICO-THODURE.

«Le second écrit, du 9 août 949 ou 950, se trouve dans Gallia Christi, au Cartulaire de Grenoble. Le futur Thodure se nomme TALDIVIRO. Or, d'après une étude de André Plank (1995), le préfixe Tal ou Thal,...d'origine celte ou germanique, désigne la Vallée, et le suffixe viro,...d'origine latine, évoque la couleur verte. TALDIVIRO serait donc la VALLÉE VERTE.»
À noter :
«à gauche en entrant dans l'église Saint André, au pied de l'escalier qui monte à la tribune, une plaque gravée en latin commémore sa consécration en 1873 par Monseigneur Hugonin, enfant de Thodure, Évêque de Bayeux : on peut y lire entre autre "taldiviri populi", c'est-à-dire littéralement "les gens de Thodure".»

«Plus tard, au 16è siècle, on dira THOUDURO ou THODURO et au 15è siècle, THOUDUROZ.»

Panorama de Thodure   Panorama de Thodure

 


  LA SEIGNEURIE DE THODURE  

 

«En 1230, on peut voir que Thodure est placé parmi les possessions de la "Maison" de Bressieux, où il restera jusqu'en 1378, date à laquelle prend naissance la lignée des futurs "Seigneurs de Thodure".»

«En 1378, en effet, Polie de Bressieux, en épousant FALQUES (ou Falcon) de MONTCHENU, lui apporta en dot cette terre de Thodure dont il fit hommage, cette même année, à HUGUES, Baron de Bressieux.»

«Les villageois, en contrepartie de la sécurité dont ils bénéficiaient sous la protection des seigneurs, étaient tenus de payer un impôt, le vingtain, et de participer aux travaux d'entretien des murailles.»

Outre ce dernier, la liste des impôts à Thodure était impressionante.

 

 

Les armes de la famille de Montchenu étaient :
"de gueules à la bande engrelée d'argent, alias d'or".
La branche de Thodure :
"brisaient d'un aigle d'azur en chef de la bande".

 

La devise de la famille :
"La Droite voie !"
Le cri de ralliement :
"Montchenu !"

 

Généalogie des Montchenu :
extrait de l'"Armorial du Dauphiné"

 


  LA RÉVOLUTION DE 1789  

 

Date historique en France, qui marque la fin de "la Baronnie de Thodure" et la fuite des Seigneurs de Montchenu. Ils se seraient d'ailleurs enfuis à la Côte Saint André, où se trouvait un régiment de dragons du Piémont.

Thodure serait la première commune de France à avoir aboli les privilèges :

1ère journée historique :

Dès le 28 juin 1789, à Thodure, une délibération a eu lieu, connue sous le nom de délibération de la commune de Thodure.

2ème journée historique :

Le 1er août 1789, abandon des droits seigneuriaux, tandis que l'Assemblée Constituante et les États Généraux réunis à Paris voteront l'abolition des privilèges durant la nuit du 4 août 1789 seulement.

 


  THODURE À TRAVERS LES GUERRES DU 20è SIÈCLE  

 

La Guerre de 1870 :

Selon les différents mémoriaux de Thodure, il s'avère que cette guerre ait fait beaucoup de victimes, une dizaine, ce qui a certainement contribué au début du déclin de la population, amplifié par la "Grande Guerre" qui s'en est suivi.

La Guerre de 1914-1918 :

Cette guerre a marqué lourdement le village de Thodure puisqu'une trentaine de jeunes hommes sont morts en quatre ans, laissant ainsi de nombreuses femmes seules. La population a donc diminué considérablement (en 1840-50, la population comptait près de mille habitants), phénomène accentué par l'exode rural vers les villes (recherche de travail).
Un monument aux morts a été édifié à la mémoire des victimes de cette "Grande Guerre". (cf. patrimoine)

La Guerre de 1939-1945 :

Guerre moins dévastatrice en vies humaines que la précédente pour les thodurois. Il y a eu plusieurs prisonniers de guerre, et quelques jeunes résistants, la région étant d'ailleurs très propice pour les maquis : maquis des Chambarans, maquis du Vercors...Les thodurois vivaient en autarcie, et beaucoup d'enfants de la ville venaient travailler pour se nourrir.

La Guerre d'Algérie :

Une trentaine de jeunes thodurois ont participé à cette guerre, mais la commune n'a enregistré aucune perte humaine. Cette guerre, étalée sur huit ans, a beaucoup perturbé les familles, notamment au niveau du travail dans les fermes, car les jeunes partaient pour 28 mois avec seulement une permission.

Les victimes de guerres - mémoriaux de Thodure

 


  ÉVOLUTION DE LA POPULATION  

 

Après un déclin constant de la population jusqu'en 1975, on remarque de nos jours un retour à la campagne, dû à un phénomène de recherche d'une meilleure qualité de vie (562 habitants en 1999) : pas de pollution, tranquillité et sécurité.

Recensements de la population :

Recensements de 1836 à  nos jours.

 

Année

Nbre d'habitants

 

Année

Nbre d'habitants

1836

1240

 

1911

845

1841

1144

 

1921

704

1846

1129

 

1936

589

1856

966

 

1954

570

1861

995

 

1962

583

1866

976

 

1968

546

1872

953

 

1975

509

1876

1011

 

1982

527

1999 : 562 habitants

    extraits des recensements de 1836, 1866, 1936 et 1975

 

Quelques chiffres, selon le dernier recensement de 1999 :

    Où travaillent les thodurois :

26% des thodurois travaillent sur la commune de Thodure,
61,7% dans une autre commune du même département,
12,3% hors du département.

    Les logements :

279 logements, dont 215 résidences principales et 43 résidences secondaires.
Les logements sont en grande partie anciens, puisque seulement 132 d'entre eux ont été construits après la dernière guerre.

 

 


  ACTIVITÉS D'HIER ET D'AUJOUD'HUI  

 

L'agriculture :

Thodure est un village rural.
Autrefois chacun possédait quelques bêtes et un peu de terre, la plupart simplement pour nourrir son foyer ; aujourd'hui les agriculteurs (la plupart pratiquant polyculture et élevage) ont un fonctionnement comparable à celui d'une entreprise, ils doivent aussi gérer leur exploitation.

À noter, selon les chiffres du recensement agricole 2000, que la superficie agricole utilisée par les exploitations est de 1035 hectares (pour une superficie du village de 1443 hectares).

l'agriculture d'hier et d'aujourd'hui à Thodure,
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activités / agriculture

L'évolution des commerces et artisans :

La fabrication de tuiles serait un artisanat très ancien, qui pourrait remonter à l'époque gallo-romaine, vu l'importance des sites se trouvant sur la commune. On trouve trace d'une fabrique de tuiles datant de la fin du 14è siècle, une facture de 1393-94, faisant mention de l'utilisation de tuiles de Thodure nécessaires à l'entretien de la Halle de la Côte Saint André :

«1389-1390 : Un artisan, Pierre Carron dit Garnier accepte à prix-fait la charge de maintenir en bon état les toitures du Château et de la Halle  pour 12 setiers de seigle.
En 1393-1394, leur entretien nécessite l'achat de 4500 tuiles que fournit François Gormond, de Thodure.»

Thodure, comme tous les villages ruraux, avait une grande diversité de commerces et artisans : des hôtels, une douzaine de cafés, des boulangers, épiciers, menuisiers, charrons, maréchal-ferrant, charpentier, barbier-coiffeur...Il semblerait néanmoins qu'il n'y ai jamais eu de bouchers !
À noter aussi la présence d'un bureau de poste jusque dans les années 1970.

Pour l'anecdote, le recensement de 1840, fait alors état de quarante chaufourniers (ouvriers responsables de la bonne marche d'un four à chaux).

    Almanach de 1909 répertoriant les différentes activités du village.

entrepreneurs et artisans d'aujourd'hui à Thodure,
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activités / entrepreneurs et artisans

Hôtel Poncet   Hôtel du commerce Croidieu

 


  PATRIMOINE  

 

Le château des seigneurs de Montchenu :

Le centre de la domination des Barons de Thodure était un château fort dont il reste encore une tour et des bâtiments relativement modernes. Aujourd'hui propriété privée.

«Dans ce château d'où l'on voit une forte belle vue sur la plaine, la Côte Saint André, Marcilloles, une foule de communes voisines, et d'où l'on aperçoit les montagnes de  l'Ardèche à l'ouest, celles du Royannais au sud-est, à l'est celles de la Chartreuse, et par-dessus celles-ci, les Alpes, et même, par temps clairs, la masse colossale du Mont-Blanc, partait en descendant à droite et à gauche, et en suivant tous les accidents du terrain, un mur construit en gros cailloux roulés, seuls matériaux de construction de ces pays où la pierre manque. Cette vaste ceinture, généralement bien conservée et très pittoresque avec les lierres qui la recouvrent aujourd'hui, renfermait le Thodure d'alors, qui sous le nom de la ville, n'est plus une annexe du Thodure actuel, situé plus bas, en dehors de l'enceinte qui vient d'être décrite. Un  autre mur intérieur séparait la ville du château proprement dit. Des portes, qui existent encore en partie, donnaient accès à la ville, l'autre au château, une autre faisant communiquer le château avec la ville.»

Château de Thodure au XIXè - gravure de E. Collet   Château de Thodure

Les églises et le cimetière :

Église Saint Georges :
Dans l'enceinte du château, elle a été détruite à la fin du 18è siècle. Il existait d'ailleurs un souterrain reliant l'église au château.
Selon des écrits, il est aussi fait mention d'une crypte sous l'église Saint Georges précisant qu'en 1694 «est ensevelie dans l'église Saint Georges, noble dame Debaudel, épouse Joachim Thomas de Montchenu, Seigneur de Thodure.» Puis en 1709, «noble Louis Montchenu». Actes de décès - extraits du registre paroissial.

À noter aussi qu'un cimetière se situait autour de l'église.
Leur présence est également attestée par l'inventaire des chemins du 19è siècle «Chemin numéro 48 dit de l'Église Saint Georges, confinant au midi l'emplacement de l'église et du cimetière vendus. Allant à l'ancienne église Saint Georges qui a été détruite.»

Église Saint André :
La première, construite à l'emplacement de l'actuelle église, mais orientée est-ouest, était entourée d'un cimetière. Elle fut détruite par des inondations, ainsi que le cimetière qui fut emporté.
L'église d'aujourd'hui a été édifiée de 1863 à 1873 dans le style néo-gothique, selon une orientation nord-sud.
Cette reconstruction se fit selon les plans de l'architecte Alfred Berruyer, qui employa la technique typique de la région en galets roulés, alternés avec des lits de tuiles. L'ornementation intérieure est faite de décors peints (motifs muraux et géométriques).
Elle fut inaugurée le 7 septembre 1873 par Monseigneur Flavien Hugonin, Évêque de Bayeux, né à Thodure. Une pierre commémorative gravée en latin, se trouve à l'intérieur de l'église, près de l'escalier qui monte à la tribune.
Délibération de la commune de Thodure (30 août 1876), tendant à perpétuer le souvenir de la consécration de l'église par Monseigneur Hugonin.

Église Saint André de Thodure

Cimetière :
Le cimetière de Thodure était à l'origine situé près de l'église Saint André. Dévasté après des inondations, il fut conservé au centre du village. Considéré comme «trop exigu et placé encore au centre du bourg», il fut déplacé vers son emplacement actuel, suite à une donation de terrain faite par Melle Brochier.
Cette dernière souhaita, en échange de cette donation, obtenir une sépulture pour elle et sa famille à perpétuité.
De nombreuses tractations furent donc nécessaires avant l'acceptation de ce dossier :
conditions à remplir pour obtenir une sépulture à vie (19 février 1851),
réponse de la préfecture présentant les engagements de Melle Brochier (30 mars 1851),
acceptation du Ministère de l'Intérieur de la donation afin d'y établir le nouveau cimetière (30 mai 1851).

 

Les Couvents, les Écoles et Le Nid :

Les Sœurs du Rosaire :
Leur présence à Thodure est signalée en 1770, puis en 1779.

Couvent des Sœurs Trinitaires :
Le bâtiment, dont la construction commença à la fin du 18è siècle, fut agrandi plusieurs fois par la suite.
Ce sont deux femmes, "dames" Tabaret et Pialat qui firent don en 1817 aux religieuses trinitaires de ce bâtiment, à condition d'être «logées, nourries et entretenues dans la dite maison ou telle autre de la congrégation».
Une chapelle, construite à la fin du 19è siècle, jouxte la maison.
École privée de filles, avec un internat, jusqu'en 1904. Aujourd'hui propriété privée.

École des Frères :
Tenue par les frères Maristes, dépendants de Saint-Genis-Laval (Rhône), cette école est devenue la salle des fêtes actuelle.
École privée de garçons.

École -Mairie :
Le bâtiment école - mairie date de 1900, et était à l'origine une école de garçons. L'école d'autrefois se situait à l'ancien presbytère (école maternelle actuelle). L'ancienne mairie qui a brûlé, se situait à l'emplacement de l'ancienne cure.

écoles de Thodure d'hier et d'aujourd'hui à Thodure,
Pour plus de renseignements, se rendre à la rubrique :
thodure / école

Route du Grand Serre - Mairie/école   École de filles - ancien presbytère

Le Nid, ancien orphelinat de Thodure :
Le curé, Callixte Luc-Pupat de Thodure, bouleversé par la misère des enfants orphelins, qu'aucune oeuvre officielle ne prenait en charge au milieu du 19è siècle, avait accueilli chez ses parents, sept garçons sans famille et sans travail.
Après des années de gestion difficile, son ami le Père Debresse, alors curé de Lentiol, sauve cette "entreprise" au bord de l'abîme et c'est ainsi que naît l' "Orphelinat de Thodure".
Aujourd'hui, "Le Nid" appartient au "Prado Rhône-Alpes" et héberge les "Jardins du Prado". Bien qu'il garde un caractère social, il n'accueille plus d'enfants.

Le Nid - orphelinat de Thodure

La Madone :

Lieu de procession jusqu'au milieu du 20è siècle, à l' occasion du 15 août, Fête de l'Assomption, cette "Madone" fut érigée par un particulier sur sa propriété. Il ne nous a pas été possible d'identifier cette personne, ni de connaître les raisons qui l'ont incitée à élever cette statue de la Vierge Marie sur les anciens remparts, bien visible du village, surtout en empruntant la route du Grand Serre. Quant à la date de l'édification de cette "Madone", elle nous est tout aussi inconnue.

La maison forte du Rival :

Les villageois se réfugiaient dans cette maison datant du 16è siècle, afin de se protéger. Aujourd'hui propriété privée, elle a été rénovée dans le style des maison massives, en conservant la porte d'origine (une des dernières en France), caractérisée par son secret d'ouverture, ses fenêtres à meneau, ainsi que des plafonds "à la française".

Les cadrans solaires :

L'Isère est le département le plus riche en cadrans solaires. Selon l' "inventaire des cadrans solaires" effectué par l' "Atelier Tournesol", 698 y ont été recensés :

« - 538 cadrans anciens, antérieurs à la Seconde Guerre Mondiale.
« - 18 objets conservés dans des collections privées ou des musées.
« - 142 cadrans contemporains : quelques créations gnomoniques calculées ainsi que des pastiches d'anciens et des fabrications en grande série qui témoignent de l'actuel engouement populaire.»

Six cadrans sont répertoriés à Thodure ; l'un des plus connu et parfaitement conservé, date de 1768, créé par Hyacinthe Pascalis. (propriété privée)

La place de Thodure :

Le monument aux morts :
Il a été construit en hommage aux victimes de la "Grande Guerre" en 1921. Orné d'une bordure de buis, il est en forme d'obélisque, comme dans beaucoup d'autres villages, et est surmonté d'un vase funéraire recouvert en partie d'un drapeau.
Les noms des disparus sont gravés sur l'obélisque lui-même et classés par année, de 1914 à 1921. En dessous figure la mention : "La commune de Thodure à ses enfants morts pour la France".
Cependant sont aussi inscrits les "Morts pour la France" des autres guerres (guerre du Rif - Maroc 1925 et seconde guerre mondiale 1939/1945) sur le côté gauche du monument.
Depuis la restructuration de la place du village, réalisée au cours de l'année 2003, les grilles et les obus qui entouraient le monument ainsi que la plaque commémorative de la guerre 1914/1918 qui était placée devant, ont été retirés.
Sur cette plaque, conservée et placée à l'intérieur de l'église, sont disposées plusieurs rangées de médaillons émaillés. Bien qu'un grand nombre d'entre eux aient été endommagés par le temps, on peut encore voir sur certains le portrait photographié de chaque disparu, avec son nom inscrit au-dessous. Cette plaque en pierre repose sur des pieds métalliques et porte l'inscription gravée :"MORTS POUR LA FRANCE/1914-1918/Souvenir", à laquelle s'ajoute la reproduction de deux médailles militaires.

Différentes délibérations du Conseil Municipal en rapport avec le futur emplacement du monument aux morts, devis, etc... :

Le 6 janvier 1921 : convocation pour une réunion du Conseil le 9 janvier 1921, pour débattre de l'emplacement du monument aux morts.
séance du 6 janvier 1921

Le  9 janvier 1921 : décision de l'emplacement du monument aux morts et présentation du devis.
séance du 9 janvier 1921

Le  2 mars 1921 : vote pour l'emplacement du monument aux morts et organisation que cela impliquera.
séance du 2 mars 1921

Inauguration du monument aux morts

Le petit mur :
Bordant la place du côté de la boulangerie, il date de 1733 : «j'ai fait faire la muraille qui est contre le torrent de cinq pieds et demi de profondeur et de deux pieds et demi de largeur. Laquelle muraille ne coûte rien à la communauté. L'ayant fait faire d'un dégrèvement de 255 livres que j'ai obtenu moi-même de Monseigneur Le Cardinal de Fleury premier ministre de France. Fait le 15 juillet 1733. Signé Étienne, Curé.» - Extrait du registre paroissial.

La fontaine :
Construite à la fin du 19è siècle. À l'origine, deux tritons ornaient le bassin, mais ils ont été volés en 1990.

La bascule :
Jouxtant l'église, elle a été construite après cette dernière, et date donc de la fin du 19è siècle. Encore fonctionnelle aujourd'hui, elle servait à peser les récoltes, le bois, le bétail ... À l'époque, tous les ans, un service des poids et mesures venait la contrôler.

Devis estimatif du 12 août 1879 pour la construction du poids public.

Délibération du 17 août 1879
pour définir l'emplacement d'un poids public dit bascule sur la place de la commune.

Délibération du 22 février 1880
pour voter l'exécution des travaux (annexe à la délibération du 17 août 1879).

Délibération du 27 mai 1881
pour la location de la bascule.

Place de Thodure    Place de Thodure - Monument aux morts

Les moulins :

Il existait trois moulins à grain, propriétés des Montchenu et les thodurois devaient payer une redevance pour moudre leur grain. Ces moulins étaient alimentés par un canal les reliant au "grand étang des moulins" (aujourd'hui "étang de la femme", en limite de Thodure sur Viriville), appartenant jusqu'à la Révolution au Baron de Montchenu. Ils ont fonctionné jusqu'au milieu du 20è siècle.
Les bâtiments de deux d'entre eux subsistent encore, mais les mécanismes ont été détruits. Ils sont aujourd'hui des propriétés privées.

Acte de vente d'un moulin, datant du 17 juin 1875.

L'eau :

Les sources :
La commune est riche en sources, quatre à cinq sont captées avec un débit de 300-400 l/mn.
Il existe encore une vingtaine d'autres sources non captées sur Thodure.

Les rivières :
La "Raille" qui traverse la plaine de Thodure, est la continuité du "Rival" (Marcilloles).

Les torrents :
Le "Fondon", sur la place, descend des Chambarans, pour se jeter dans la "Raille".
La "Pérouse", venant de Viriville, se jette aussi dans la "Raille".

Les ruisseaux :
Le "Régrimay", situé aux limites sud de la commune.

Les étangs :
Étangs privés, alimentés par les sources et eaux de ruissellement, "étang Dumoulin", "étang Berger", "étang du Régrimay" dit "Emptoz" (anciennement "étang Neuf") et "étang Collet".

Requête datant du 10 septembre 1770, mentionnant les deux étangs, propriétés des Montchenu : "étang neuf" et "étang des moulins".

 


  INSOLITE  

 

La Croix Blanche :

Nombreuses sont les origines de la présence des croix de chemin : elles peuvent être dressées à l'occasion d'une mort subite à l'endroit même où le décès a eu lieu, en souvenir de la personne disparue, à la suite d'une guérison, lors du retour de la guerre, à l'occasion d'une conversion, ou encore pour faire acte de piété collective de la part d'une paroisse.
À Thodure, la croix de chemin la plus connue, "la Croix Blanche", se situe sur le coteau (route du Grand Serre), à la limite du village, et a d'ailleurs donné son nom à la route qui relie Thodure à Lentiol.
Cette croix a été érigée en 1900 par l'Abbé Callixte Luc-Pupat de Thodure sur sa propriété.

Document témoignant de l'acquisition du terrain où se situera la croix, datant du 10 septembre 1900, de Mme Aglaé Grégoire (née Vacher) à l'Abbé Luc-Pupat.

Lettre de remerciements de Mme Aglaé Grégoire (née Vacher) à l'Abbé Luc-Pupat, datant du 6 août 1902.

Les loups :

Cet animal carnivore, autrefois prédateur redoutable des troupeaux d'ovins de nos campagnes, est souvent apparu comme «l'incarnation même du mal, de la violence froide, de la cruauté».
La peur du loup a rendu l'animal célèbre, alimentant de nombreuses légendes. En dehors du très célèbre "loup-garou", appelé "lhiuberu" dans le Dauphiné, il était surtout décrit comme un animal féroce, «avec une prédilection pour la viande tendre des fillettes, des jeunes bergères dans la fleur de l'âge et des garçonnets».
C'est aussi d'ailleurs pour cela que l'on trouve fréquemment dans nos campagnes des chemins, des bois, des lieux-dits, etc...portant le nom du loup.
À Thodure, certainement, "La Pierre du Loup" y fait référence, rappelant sa présence, souvent très douloureuse (cf. ci-après).
Il faut bien entendu imaginer, qu'avec la proximité alentour de l'immense forêt des Chambarans, le loup devait être une espèce développée, redoutée et traquée. À noter aussi qu'en Dauphiné, les "brûleurs de loups" avaient une forte réputation.

Plusieurs anecdotes concernant le village de Thodure, malheureusement très tragiques, sont d'ailleurs relatées dans les registres paroissiaux de l'époque :

«En 1691, le dernier jour de juillet, Jean Balléon, âgé de quinze ans, fut dévoré par une bête féroce sous le grand étang de Thodure, et ses restes enterrés au cimetière de Saint-André le lendemain.»

«Le 23 mai 1732, le curé Étienne enterre François Charre, âgé de huit ans, étranglé par un loup ; puis c'est Benoite Valet, âgée d'environ dix ans, "presque dévorée par un loup" et dont les restes reçurent la sépulture au cimetière de Thodure le 23 juin 1734.»

«Le 29 juin 1759, Pierre Bouchard, garçon d'environ quatorze ou quinze ans, fut dévoré par les loups en Chambaran et ses ossements inhumés le même jour au cimetière de Thodure par le curé Étienne.»

La Pierre du Loup et la Dent de l'Âne :

«À la suite de la rupture de la "muraille" de terre et de poudingue, qui se produisit à l'emplacement de Beaufort, lieu-dit "les Fontaines", le niveau général du sol s'abaissa ; des torrents descendant de Chambaran creusèrent alors leurs lits en "combes" profondes dans la petite pente nouvellement formée.
Au fil des siècles, grâce à l'apport de matériaux naturels drainés par les cours d'eau, cette pente se nivela peu à peu, donnant ainsi naissance, progressivement, à notre plaine de Bièvre.
Témoins de ces cataclysmes suivis de cette lente évolution, quelques "blocs erratiques" : "La Dent de l'Âne" et "La Pierre du Loup", se trouvant dans la combe du Fondon.»

La Source du Centenaire :

Cette source intarissable, se situant à la Combe Bondiaude, a été surnommée "Source du Centenaire" par les villageois, qui, prenant l'habitude d'y prendre leur eau, se disaient : «À force de boire de cette eau fraîche, tu vas vivre vieux.»

 

Sources bibliographiques :

 

"Des Autagnes à Ferrassière...si Thodure m'était conté" - Gabriel Némoz
"La Baronnie de Thodure" - Antonin Macé de Lépinay
"Patrimoine en Isère - Chambaran" - Musée Dauphinois
"Histoire des communes de l'Isère" - article de Pierre Malet
"Isère" (Chez nous, le département de l') - J.-B. Lanfrey
"L'an I de la liberté" - René Bergeret
Mairie de Thodure
Archives départementales de l'Isère
Registres paroissiaux
"Inventaire des cadrans solaires anciens de l'Isère" - Atelier Tournesol
Nombreux témoignages recueillis
Divers documents aimablement prêtés
Nous remercions particulièrement Maurice Combalot