Jusqu'au milieu du 20è siècle, l'agriculture en milieu rural rythmait la vie de 80% de la population.
Il en était de même pour notre village où les familles agricoles travaillaient de petites parcelles de terre, possédaient un élevage, l'ensemble représentant une certaine forme de subsistance.
Chaque famille était propriétaire de terres cultivées (prairies naturelles, légumineuses et graminées), de bétail, volailles, cochons, mais aussi de parcelles de bois et de vignes (l'on bénéficiait alors du titre de "bouilleur de cru", aujourd'hui disparu). À noter aussi la présence de nombreuses chènevières, la culture du chanvre étant très développée à l'époque. On confectionnait ainsi des draps, des cordes, des fils, etc...Par ailleurs, la forte présence de mûriers, permettait l'élevage du ver à soie, un avantage pour les foyers dû au travail des femmes. Aucune magnanerie ne subsiste de nos jours.
Les différents quartiers disposaient aussi d'un four à pain où le pain était fabriqué avec l'apport de chacune des familles. Les excédents étaient vendus à l'épicier du village ou sur les marchés de la région (on parlait du "circuit la galère"). Les familles se procuraient alors, avec l'argent gagné, le nécessaire qu'elles ne pouvaient produire (vêtements, matériels divers, etc.).

Autrefois, les cultures étaient définies en deux catégories principales :

Les années 50 marquèrent entre autre l'arrivée d'une nouvelle culture : le maïs. C'est plus précisément après les fortes gelées de l'hiver 1956, où l'ensemble des cultures de blé souffrirent du gel, que les agriculteurs se lancèrent dans la production du maïs, ainsi que de l'orge de printemps. Ces cultures deviendront de plus en plus importantes et rentables, les semences se faisant début mai, et ne souffrant ainsi pas des froids hivernaux.

En quelques années, les cultures vont se modifier, mais aussi leur exploitation.
De nos jours, les terres de notre village sont occupées essentiellement par le maïs, le blé, l'orge, les céréales de semences diverses, mais aussi le triticale (croisement de blé et de seigle), l'avoine, le tournesol, le colza, le sorgho, les pois, etc.
Les évolutions plus récentes sont les terres mises en jachères, mais surtout la part importante consacrée à la culture de tabac (brun et blond).
D'autres cultivateurs de notre village se consacrent aussi à la culture de fruits (pommes, fraises, framboises et noix) et de légumes divers.

En ce qui concerne plus spécifiquement l'élevage, on observe différents secteurs :

Outre la modification des types de cultures et d'élevages, les dernières années ont entraîné une adaptation de la gestion, du négoce et de la production.
Notre village compte aujourd'hui 24 agriculteurs dont 17 exploitations (la plupart regroupant principalement polyculture et élevage).

Les agriculteurs ont un fonctionnement comparable à celui d'une entreprise :

Il est aussi important de souligner que l'agriculture offre des "petits travaux d'été" aux jeunes thodurois, notamment en ce qui concerne la récolte des fruits et légumes, l'entretien du maïs de semence (fleurs à couper pour éviter la pollinisation), mais surtout lors de la récolte du tabac.
L'agriculture de Thodure continue donc à tenir une place notoire au sein de la vie de notre village (1035 ha cultivés pour 1443 ha de superficie totale du village).